Arrivée à Ilakaka

Zoé, notre organisatrice de choc est déjà là pour nous accueillir lorsque le minibus tourne enfin à droite vers « l’hôtel » où nous allons dormir.

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Elle a fait du mieux qu’elle pouvait avec ce qu’il y avait sur place, et nous a vraiment choisi le meilleur.
C’est juste que ce meilleur là fait un peu bizarre sur l’échelle de valeurs d’un européen moyen habitué à un certain niveau de confort …

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Un petit bungalow individuel en dur, avec un toit en tôle, pas de vitre aux toutes petites fenêtres en bois, un lit plutôt précaire (mais on devine vite en regardant la ville que c’est le top de la région) avec des couvertures épaisses comme un drap de chez nous …
Je ne parle pas des toilettes communes dont une cabine nous a été réservée par la patronne, malgrés tout aux petits soins, et de la douche dans le bungalow, qui est en fait un trou carrelé avec un tout petit conduit pour l’évacuation de l’eau, contenue dans deux seaux en plastiques avec un couvercle.

Et nous pourrions nous préoccuper de ces détails matériels, mais nos coeurs ne sont pas là …
A voir les frères et soeurs qui nous ont accueillis et qui se pressent pour nous aider à descendre nos bagages du toit du minibus, on oublie vite les conditions de vie tant on ressent leur soif de recevoir quelque chose du Seigneur.

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C’est plutôt intimidant lorsqu’on vous regarde avec une telle attente.
Il peut y avoir cette peur subtile de ne pas être à la hauteur des attentes des autres … et plein d’autres choses plus ou moins dans ce sens-là. Seule solution: se dire que LA réponse est en Jésus, et se tourner nous-même vers Lui pour avoir l’assurance d’être à la hauteur.
Une des pensées fortes qui nous aide beaucoup, c’est que nous ne sommes pas là pour amener les malgaches à dépendre de nous, en tant que vazas, mais bel et bien à dépendre de Jésus et de lui seul afin qu’Il puisse combler leurs attentes !

Peu de temps après, nous allons voir l’église près de laquelle se tient l’estrade en cours de construction ainsi que le terrain environnant …
Pour une première prise de contact, c’est un peu rude … Même si on peut remarquer l’effort particulier de décoration que les frères et soeurs de l’église ont fait, l’estrade semble toute petite (et d’après Charles et Guillaume, tout était plus grand à Antalaha), et nous nous demandons si le terrain sera assez grand pour accueillir tout le monde …

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Au fond, l’estrade, sur la gauche: l’église.

Il faut dire aussi que nous débarquons non loin d’un des quartiers les plus pauvres et les plus chauds de la ville. La misère est impressionnante: les enfants font leurs besoins au milieu des ordures, qui sont groupées dans un espace libre et brûlées sur place, le service de ramassage des ordures étant quasi-inexistant …

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Les restes d’ordures qui sont brûlées non loin, et un ancien champ de prospection au fond …

Nous avons remarqué, juste avant d’arriver sur le terrain, un ancien champ de prospection de saphir, où quelques personnes cherchent encore malgrés tout.
Les puits d’extraction sont creusés jusqu’à 10 ou 12 mètres de profondeur, pour un diamètre de 1,40m environ, et les galeries partent ensuite de là, en étoile, sous le sol.
Inutile de dire que les maisons qui sont bâties au-dessus tiennent sur un véritable gruyère de galeries et que nous n’osons même pas nous demander comment tout cela tient …
La grace de Dieu, la foi, en mission? Il faut savoir compter dessus, marcher dessus, même ! ^___^

Le pasteur et sa femme nous accueillent dans leur maison, juste à côté de l’église dont l’aggrandissement est en train d’être fini … En fait de tous nouveaux murs bâtis autour des anciens. Le toit, lui, sera posé par dessus l’ancien qui sera démonté. Evidemment, les locaux sont utilisés en permanence durant les travaux, l’église ne se relâche pas, et nous voyons régulièrement des personnes qui sont là pour intercéder et prier.

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Le pasteur d’Ilakaka et le pasteur Paquette.

Ce couple est très attentionné et très gentil, il nous apprennent que cela fait 9 ans qu’ils sont à Ilakaka et qu’ils sont arrivés là un an avant que l’on découvre les premiers saphirs.
Ce sont des gens sérieux, consacrés, cela se voit.
On se dit que pour rester aussi longtemps dans cette ville en n’ayant pas le saphir et la fortune en tête, il leur fallait bien une énorme motivation.
Le pasteur est très doux, on voit un grand calme sur lui, et sa femme à l’air d’être très attentive et engagée, persévérante aussi.

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La femme du pasteur de l’église d’Ilakaka et le dernier de leurs trois enfants.

Ce sont deux personnes qui me font forte impression … Ils ne semblent pas avoir une très grande carrure lorsqu’on les voit pour la première fois. Ils ne cherchent d’ailleurs pas à en imposer et si on y prend pas garde, on pourrait passer à côté d’eux sans chercher à mieux les connaître.
Mais ce que je retiens d’eux, c’est une consécration, une simplicité, un attachement, une persévérance dans l’oeuvre de Dieu et une soif d’avancer avec Jésus, ainsi qu’un désir profond d’en savoir plus.

Puis nous redescendons plus bas dans la ville afin de voir dans quel hôtel séjournera l’équipe qui travaille avec nous sur les croisades.
Zoé à fait un travail formidable dans cette préparation ! Il faut savoir qu’elle a pris contact avec le pasteur, a rencontré les frères et soeurs sur place, s’est renseignée pour les hôtels où nous pourrions être hébergés, je la soupçonne d’être une ferme négociatrice en matière de tarifs ! ^___^
Et je suis sûr d’en oublier beaucoup dans ce qu’elle a fait !

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Nous mangeons le soir avec toute l’équipe qui est arrivée assez tard pour l’heure malgache … Imaginez deux jours environ de voyage en minibus, à 15 dans chaque minibus (j’ai cru comprendre qu’il y en avait deux, loués spécifiquement, puisque des pasteurs de Tamatave venaient aussi pour l’occasion …)
On peut comprendre qu’ils soient fatigués, et malgrés tout, il sont tout contents de nous voir et d’être enfin arrivés !

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Ce soir, je m’endors comme une masse, et je ne crois pas que Guillaume ait plus de problèmes que moi pour s’endormir, si ce n’est que les lits malgaches ne sont pas très grands …
L’électricité fonctionne depuis 19h, et jusqu’à 5h du matin … Je n’oublierai pas !
Mais sinon, rien à dire tant la journée a été dense, pleine de rencontres, de nouveaux visages, avec leurs attentes, leurs espérances.

Il fait un peu froid, dire qu’Anneso avait prévu pour un climat tropical, le semi-désertique aurait eu besoin d’un peu plus de pulls … J’avoue que je me demande un peu où je suis tombé en riant, moitié jaune, moitié vraiment, et je ferme les yeux en me disant que pour de l’aventure, c’est de l’aventure!

Merci Seigneur Jésus … ^__^

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